About

Né à Lagarenne-Colombes en 1959, je me passionne très tôt pour le dessin et la peinture.
De 1975 à 1979, je suis des cours de dessin dans l’atelier de Nina Vidrovitch au cœur du Marais.?Cette formation me permet d’affirmer mon trait et de découvrir différentes techniques picturales. C’est à cette époque que mon intérêt pour le corps humain se révèle. Nina me dirige vers l’Académie de La Grande Chaumière pour pratiquer le croquis d’après modèle vivant. Je suis alors fasciné par le savoir-faire d’artistes confirmés au contact desquels j’apprends beaucoup.
En 1981 j’intègre l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Mon intérêt pour la représentation du corps humain se confirme, grâce notamment au cours d’anatomie conduit par M. Jean-François Debord. Homme passionné, il me transmettra son savoir au travers des peintures de Grand Maîtres. Peu à peu je découvre le croquis d’après modèle vivant en mouvement. Ce périlleux exercice me passionne, il ne fait plus seulement travailler l’observation, il fait aussi appel au ressenti et à la spontanéité du geste pour traduire l’émotion. C’est l’essence même du sujet qui est captée et retranscrite.
En 1986, le diplôme de l’Ecole des Beaux-Arts en poche, je m’oriente vers le design, activité que je pratique encore aujourd’hui. En parallèle, je travaille le portrait qui représente le sujet principal de mes créations. J’affectionne durant de nombreuses années la technique du pastel, puis m’oriente vers la peinture à l’huile qui me permet de jouer avec des couleurs plus profondes.?La magie du moment où le sujet prend vie, où les pigments deviennent matière, où la lumière vient buter sur des volumes, me fascine. Je vois alors le visage apparaître, sortir du support.
Après quelques années, je ressens le besoin d’aller plus loin, de m’échapper de cette cage que représente pour moi le réalisme. Mes recherches se concentrent alors sur la façon d’évoquer plutôt que de dire ; de commencer des phrases sans les terminer afin que chacun puise dans son imaginaire pour s’approprier la fin de l’histoire. J’explore donc de nouvelles méthodes, de nouvelles techniques mais, faute de résultats satisfaisants, je me réfugiai immuablement à l’intérieur de cette cage. C’est en m’inspirant des tableaux de Rembrandt où un simple coup de pinceau sait exprimer la force d’un geste, d’un regard, que ma libération picturale s’amorce. Comment rester insensible devant ces touches de couleurs et de lumières saisissantes de Lucian Freud ou de Françoise Nielly qui savent si bien faire parler la matière. Le Street Art est également une référence qui m’est chère, expression libre qui sait donner une âme à des lieux déshumanisés en les couvrant de poésie et parfois d’humour. L’art de donner à l’environnement le soin de participer à l’histoire.
En 2013, mes recherches me permettent enfin de m’échapper entièrement. Une nouvelle technique émerge et s’impose, issue d’un mélange de travail traditionnel et numérique. C'est le temps, les rencontres, les influences qui donnent naissance à ces compositions. Leur richesse vient de la diversité et de la nature des formes qui se superposent pour créer de nouvelles figures, de nouvelles couleurs. Grâce à un subtil jeu de transparences, chacune laisse la parole aux autres. Bris de couleurs qui s’enlacent et conversent pour se transformer en ombres et lumières. Mais ces courants ne sont pas toujours en accord, il arrive que des tensions ou des conflits apparaissent, laissant parfois quelques déchirures le long des formes. Cicatrices qui se referment avec le temps en gravant la surface de quelques sillons. Précieux terreau qui, tel le brassage des cultures, modèle les personnalités et les sentiments pour les enrichir et former ces visages. Et pourtant, ce ne sont que des tâches de couleurs qui s'assemblent pour traduire une émotion.
Je me suis éloigné de la cage, c’est une première étape si longtemps attendue et que j’assimile à un tremplin. Mais cette cage, je ne la perds pas de vue, elle a ce côté rassurant du phare qui permet de garder un œil sur ses origines, et pourquoi pas d’y retourner de temps à autres pour se ressourcer.